Focus sur le Système Nerveux Autonome: le pouvoir du SNA

Le système nerveux autonome est un terme peu entendu dans la vie courante pourtant il est indispensable à notre survie. 

C’est probablement parce qu’il est plus que discret dans notre mode de fonctionnement qu’on parle si peu de lui au quotidien. Et pourtant il joue un rôle majeur dans notre bien-être.

Avez-vous déjà entendu parler du Système Nerveux Autonome (SNA)?

Décortiquons un peu ce que c’est et pourquoi il est si important.

Le SNA, qu'est-ce que c'est?

 

Comme son nom l’indique le SNA se trouve dans notre cerveau comme une des parties du système nerveux central. Il s’étend largement en périphérie du cerveau.

Le terme système nerveux autonome (SNA) a été proposé par John Newport Langley en 1898 pour décrire “...le système sympathique et le système nerveux autonome associé des nerfs craniaux et caudaux, et le système nerveux local des intestins”.1

Comme pour l’ensemble du système nerveux, les nerfs communiquent entre eux en échangeant des neurotransmetteurs. Le premier neurotransmetteur mis en évidence l’a été entre neurones du système nerveux autonome. Le concept des neurotransmetteurs a ainsi été mis en évidence pour la première fois dans le cadre du contrôle cardiaque par le nerf vague par Otto Lœwy.2,3.

Selon l’objet de l’étude, le SNA est également appelé système nerveux viscéral, système nerveux végétatif ou encore système nerveux involontaire. Il se définit comme l’ensemble des structures nerveuses centrales et périphériques qui concourent à régler le fonctionnement homéostasique de tous les organes. Pour garder l’homéostasie, c’est-à-dire l’équilibre de l’organisme, l’activité SNA est fortement dépendante des influences venues de l’environnement comme à celles de l’organisme lui même. Le rôle du SNA est donc d’équilibrer l’activité globale de l’organisme, tout autant que l’équilibre entre les organes eux-mêmes.

 

On l’appelle “autonome” car il est chargé de gérer des tâches pour lesquelles nous n’avons pas besoin de le guider. Il est entre autres en charge de veiller au bon approvisionnement en sang de chaque organe et donc de la régulation de chaque vaisseau, de notre digestion ou encore du bon fonctionnement de nos muscles cardiaques.  

La régulation fait appel à des informations permanentes dont la pression artérielle, à travers le baroréflexe, ainsi que le contrôle de l’oxygénation du sang.

Pour agir le SNA va se reposer sur deux leviers complémentaires, et c’est probablement le point le plus important à retenir de cet article, le parasympathique et (ortho)sympathique. 



 

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Orthosympathique et parasympathique, ça se complique…

Bien que les noms soient un peu longs et laissent entendre une compréhension difficile ils ont en fait une action très définie qui permet de comprendre facilement à quoi ils servent. 

Globalement l’orthosympathique va être le levier d’accélération musculaire et cardiovasculaire par le SNA, qui va notamment sécréter la molécule que l’on connait tous, l’adrénaline. C’est à travers l’orthosympathique que le SNA va pouvoir nous injecter de l’adrénaline lorsqu’on en a besoin. Il faut savoir qu’une fois la fabrication de l’adrénaline lancée elle va être présente longtemps dans notre organisme. Un événement pour lequel on va générer de l’adrénaline le matin par exemple continuera de se ressentir dans notre organisme le soir. 

En revanche on peut parler d’action métabolique pour le parasympathique. 

Le parasympathique a ainsi une action de récupération. L’hormone neurotransmetteur est dans ce cas l'acétylcholine. 

Ces deux hormones, adrénaline et acétylcholine sont en équilibre. Le jour il y a prédominance de l’adrénaline, la nuit de l’acétylcholine. L’adrénaline est toujours abondante, Il est plus difficile d’augmenter l’acétylcholine. C’est en général pendant le sommeil, ou autres périodes de repos, durant ce qu’on appelle usuellement le sommeil réparateur que le système nerveux autonome sécrète le plus d’acétylcholine et fait majeur, participe fortement à la régénération de notre système nerveux. En vieillissant on perd tous, progressivement, du parasympathique. 

L’orthosympathique, notre faux ami? Le parasympathique, l’ami qu’on aimerait voir plus souvent?

 

Il y a un peu de ça en effet. Dans la vie quotidienne on a tendance à être soumis à plus ou moins de stress et à peu prendre le temps de se poser. De plus on a généralement tendance à bien aimer sentir l’effet de l’adrénaline, d’être toujours “speed”. C’est agréable. 

Seulement le trop c’est comme le pas assez il y a toujours une question d’équilibre. Dans le cas du système nerveux autonome c’est pareil. 

Prenons l’exemple d’une voiture, car c’est un exemple très parlant que l’on prend souvent pour illustrer notre propos. 

Si vous tenez l’accélérateur à fond en permanence, utilisez de manière continue l’accélérateur de votre voiture, sans relâcher la pression, vous risquez fortement de finir dans un fossé, ce qui est peu souhaitable. Pour le SNA, aller vraiment à fond en permanence sans modulation est également très délétère. Inversement si vous ne cessez d’appuyer sur le frein vous n’irez pas bien loin. Il faut être entre les deux pour pouvoir moduler sa vitesse. Et dans la vie courante on a plutôt tendance à faire des excès de vitesse que des excès de lenteur. 

Eh bien dans le cas du SNA c’est la même chose. Il ne faut ni trop freiner ni trop accélérer alors qu’on a tendance à accélérer souvent.  La modulation est le résultat de la régulation et permet de garder l’équilibre autant aux sollicitations intérieures qu’aux sollicitations extérieures. Ce dosage de régulation est le rôle du SNA.

Cette modulation est appliquée par le SNA à l’ensemble de l’organisme, de façon cohérente. Parmi toutes les régulations, l’une est visible assez facilement, c’est la fréquence cardiaque qui témoigne de l’équilibre entre orthosympathique et parasympathique. Cet équilibre est représenté au mieux par la fréquence cardiaque de repos, et encore mieux par la fréquence cardiaque nocturne et donc en l’absence de stimulations environnementales. 

Ainsi la fréquence cardiaque est un représentant de l’activité du SNA. Une fréquence cardiaque élevée au repos et la nuit représente une dominance orthosympathique (adrénaline), une fréquence cardiaque basse représente une dominance parasympathique (acétylcholine). De par la très large diffusion anatomique du SNA, la  dominance s’exerce sur tous les organes, ce qui en fait une superpuissance. 

Une autre façon de mesurer l’influence du SNA est de mesurer la variabilité de la fréquence cardiaque. Cette mesure s’appuie sur les variations de la fréquence cardiaque dans le temps, les variations lentes (basse fréquence) signant une activité orthosympathique, les variations rapides (haute fréquence) une activité parasympathique. Cette mesure est plus précise que la simple fréquence cardiaque et facile à mesurer. Il faut également bien doser quand il faut freiner et quand il faut accélérer pour pouvoir rouler le plus loin possible. 

Globalement, la variabilité de la fréquence cardiaque est un témoin du bon fonctionnement du SNA et donc de la bonne régulation de l’organisme. Plus votre variabilité sera faible moins votre système nerveux autonome sera en forme puisque si on reprend l’exemple de la voiture vous ne jugerez pas bien quand il faut ou non accélérer et freiner. Ce qui se caractérise par un battement cardiaque trop régulier qui ne s’adapte pas à votre changement d’activité. 

Au contraire plus votre variabilité sera forte plus votre système nerveux autonome sera en forme puisqu’encore une fois avec l’exemple de la voiture cela montre que vous freinez au moment parfait pour éviter l’accident ou accélérez lors d’un dépassement. Dans ce cas précis, celui souhaité, votre SNA envoie les bonnes commandes au coeur et aux vaisseaux au bon moment et vous permet ainsi d’être en forme. 

 

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Pour résumer il faut donc des deux, de l’orthosympathique et du parasympathique et ce de manière équilibrée. D’autre part il faut que ces deux derniers soient les plus puissants possibles sans quoi votre forme sera faible et que ces deux soient équilibrés. Imaginez l’effet d’un accélérateur sans puissance ou d’un frein trop lâche.

Dans notre prochain sujet nous reviendrons sur les notions d'orthosympathique et de parasympathique, et notamment sur leur nécessité d'équilibre.

Source

  1. Langley JN. On the union of cranial autonomic (visceral) fibres with the nerve cells of the superior cervical ganglion. J Physiol (London). 1898;23:240-270.
  2. Loewi O. Über humorale Übertragbarkeit der Herznervenwirkung. I.Mittei-lung. Pflügers Arch Ges Physiol. 1921;189:239-242.
  3. Loewi O. Über humorale Übertragbarkeit der Herznervenwirkung. II.Mittei-lung. Pflügers Arch Ges Physiol. 1921;193:201-213.

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Claire Bory
Claire BoryChef de Produit NeuroCoach
Cet article a été réalisé par mes soins, avec l'aide du Pr Jean-Claude BARTHELEMY membre de l'équipe NeuroCoach, Cardiologue et Spécialiste de la physiologie de l'exercice et Cardiologue. Il dirige le laboratoire de recherche SNA-EPIS (Système Nerveux Autonome-Epidémiologie, Physiologie, Ingénierie, Santé) à l'Université Jean Monnet de Saint-Etienne.
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Dorian

Très intéressant et bien expliqué pour un non initié comme moi! Ca m’a permis de comprendre l’intérêt de suivre son rythme cardiaque.

Barth

Bravo +++, simple et efficace!

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