Focus sur le syndrome d'apnées du sommeil

A l’occasion de la journée mondiale de l’apnée du sommeil  nous avons choisi de refaire un focus sur cette thématique.

Qu'est-ce que l'apnée du sommeil?

Sa définition a été donnée pour la première fois en 1972 par le professeur français Christian Guilleminault. Le phénomène d’apnée du sommeil est caractérisé par la répétition d’arrêts respiratoires pendant le sommeil. La fréquence et durée de ces derniers en détermine la gravité.

On distingue deux types d’apnées différentes :

  • Les apnées centrales : absence de commande ventilatoire cérébrale (c’est-à-dire absence de mouvement thoracique)
  • Les apnées obstructives : les voies aériennes supérieures sont obstruées pendant plus de 10 secondes et peuvent dépasser 1 minutes (c’est-à-dire qu’il est possible de ne pas recevoir d’oxygène pendant ce laps de temps).

Apnées du sommeil et ronflement, quelle différence ?

On a parfois tendance, et à tort, à assimiler le ronflement aux apnées du sommeil. Bien que de plus en plus de personnes prennent conscience de l’importance d’avoir un bon sommeil et du risque que peuvent entrainer les apnées du sommeil pour certains la distinction entre sommeil et ronflement reste encore floue. Faisons le point ensemble. 

Photo 1: Lors d’une respiration normale, l’air passe par le conduit respiratoire de la manière suivante

Photo 2: En cas de ronflement les voies aériennes sont partiellement bloquées ce qui génère le bruit que nous appelons ronflement

Dans le cas d’apnées obstructives l’air ne peut plus passer car les voies aériennes sont complètement bloquées. Il n’y a pas de sons qui en ressort. C’est à la fin d’un épisode apnéique, par exemple au bout de 10 ou 15 secondes d’apnées que l’on peut générer un bruit car on va être essoufflé, on va chercher l’air voire même tousser (dans les cas les plus extrêmes).. On pourrait prendre comme élément de comparaison une séance d’apnée sous l’eau. Si vous allez à la piscine et que vous décidez de faire une série d’apnée de 15, 20, 30 secondes sous l’eau, lorsque vous ressortez vous vous sentez un peu fatigué car vous avez sollicité les ressources de votre corps sans lui faire parvenir d’oxygène, et vous allez justement chercher à inspirer de l’air. C’est exactement la même chose dans le cas d’apnées du sommeil obstructives où votre corps va se sentir fatigué par le manque d’apport en oxygène et va chercher de l’air suite à une apnée au point parfois de nous réveiller (pour les cas les plus extrêmes).

Pourquoi l’apnée peut-elle être dangereuse ?

Ce qui rend le syndrome d’apnée du sommeil dangereux c’est sa répétition et sa fréquence. Généralement une apnée du sommeil est détectée tard ce qui induit qu’elle a déjà eu le temps d’avoir un impact sur notre santé. En effet une ou deux apnées par nuit, une fois de temps en temps n’a rien d’alarmant. Mais des arrêts respiratoires de plus en plus régulier, d’une durée éventuellement de plus en plus longue, sur 4, 5, 10 ans ? Les conséquences peuvent être lourdes.

Apnées du sommeil et Système Nerveux Autonome (SNA)

Les apnées et le SNA sont liés, ce qui est difficile à déterminer c’est qui influence qui au départ ? 

En revanche il est certain que l’un influe sur l’autre et entraine un cercle vicieux. Lorsque nous faisons des apnées du sommeil nous restons dans un sommeil léger puisque notre organisme continue d’être sollicité et reste actif. Le fait de ne pas tomber dans un sommeil profond, autrement appelé sommeil paradoxal nous empêche d’avoir un bon sommeil dans lequel nous pouvons atteindre ce que nous entendons souvent, le fameux « sommeil réparateur ». Réparateur car c’est pendant les phases de sommeil profond que notre organisme est en mesure de se régénérer et surtout de créer du parasympathique. (Voir notre article sur le parasympathique et le SNA).

Ne pas arriver à sombrer dans un sommeil profond, dû aux apnées du sommeil entraine un manque de parasympathique et une augmentation du déséquilibre parasympathique/ orthosympathique. Au réveil on se sent donc fatigué, pas reposé, voire plus fatigué qu’au coucher. On est souvent plus irritable et moins patient. C’est normal. Le parasympathique a pour but de nous donner la capacité de rester calme contrairement à l’orthosympathique qui a pour but de diffuser entre autres de l’adrénaline dans les situations où nous en avons besoin (période de stress par exemple). Or en déséquilibrant cette balance entre orthosympathique et parasympathique on augmente notre production d’adrénaline mais on n’augmente pas notre production d’acétylcholine. En agissant de la sorte sur plusieurs années on se fatigue car nous sollicitons beaucoup notre organisme sans lui donner les moyens de se reposer, de jour comme de nuit.

Apnées du sommeil et troubles cardiaques

C’est parce que les apnées du sommeil peuvent avoir de vraies conséquences sur l’état de santé que la société met ce risque de plus en plus en avant et tente de sensibiliser sur ses conséquences. Les apnées du sommeil peuvent aussi entrainer des troubles cardiaques.

Pendant que nous dormons notre corps est censé être détendu et comme nous l’avons évoqué précédemment permettre à l’organisme de se reposer pour permettre la régénération. Or, lorsque nous faisons des apnées du sommeil nous continuons de solliciter notre organisme, ne lui laissant pas de repos. Le cerveau se rend compte qu’une anomalie est en cours lorsqu’il se rend compte qu’il ne reçoit plus d’oxygène. Il se met donc, en quelque sorte, en situation d’alerte. Ce qui va entraîner une augmentation du rythme cardiaque. Il est même possible que le cerveau prenne la décision d’utiliser de l’adrénaline pour nous réveiller afin de pouvoir respirer. Ce qu’il faut comprendre c’est qu’au lieu d’être à une fréquence basse, le cœur est sollicité pendant le sommeil et peut l’être de manière désordonnée. Ce phénomène peut causer à terme des troubles cardiaques.

Comment savoir si on est sujet aux apnées du sommeil?

Posez-vous des questions toutes simples : est-ce que je me sens fatigué(e) quand je me réveille ? Est-ce que de manière générale je me sens fatigué(e), ou en manque d’énergie ? Est-ce qu’il m’arrive de me réveiller la nuit ? Est-ce qu’il m’arrive de me réveiller dans la nuit et d’être essoufflé(e) ?

Si une de ces réponses est positive, ou si vous souhaitez faire le point sur vos risques nous vous recommandons de faire le test NeuroCoach, qui en plus de mesurer deux autres facteurs de risque d’AVC sera en capacité de déterminer si vous présentez un risque d’apnées du sommeil, qui représente un facteur de risque d’AVC.

En fonction des résultats nous vous conseillons de vous rendre chez votre médecin traitant et de lui parler de vos préoccupations accompagné(e) de votre compte rendu (reçu suite au test NeuroCoach). Ce dernier pourra décider si le cas le nécessite, de vous faire passer une polysomnographie ou autre test de validation de diagnostique qui déterminera votre niveau d’apnées du sommeil et ainsi le traitement adéquat à mettre en place.

 

Comment traiter les apnées du sommeil?

Les traitements vont être différents en fonction de l’avancée dans laquelle vous vous trouverez. En effet le traitement ne sera pas la même fonction que vous fassiez beaucoup d’apnées du sommeil ou peu.

Le premier traitement qui fonctionne peut importe la gravité de l’apnée est la reprise d’activité physique de manière contrôlée et maitrisée.

Ensuite, dans les cas les plus graves, la pose d’une prothèse mandibulaire ou d’un masque appelé de pression positive continue pourront être prescrit pour aider à la bonne respiration et oxygénation durant le sommeil.